Nicolas Daubanes

Revue Artaïs

Janvier 2020

Adoucir les lames

Début 2020, Nicolas Daubanes bénéficie d’une actualité foisonnante avec la programmation de plusieurs expositions monographiques.

 

Un effet de persistance rétinienne habite chacun des travaux. Les images percutent l’œil, nous attirent et nous étonnent. Pourtant, la démarche se caractérise par l’usage de matériaux et de formes simples. En privilégiant l’immédiateté, Nicolas Daubanes nous invite à pénétrer l’antre de son travail. Il étire par plusieurs faits d’armes autant de narrations, d’histoires passées ou présentes souvent liées à des états de guerre ou à des dispositifs d’enfermement.

 

En février 2020, il présente l’exposition L’Huile et l’Eau au Palais de Tokyo. Lauréat en 2018 du Prix des Amis du Palais de Tokyo, l’artiste rythme sa pensée selon des pôles qui nous permettent de redécouvrir des gestes familiers et constitutifs de son répertoire (béton-sucre, dessin, résine, son, écriture) Cette installation fait écho aux évènements de la Commune de Paris en 1871. Au Château d’Oiron en mars 2020, dans le cadre de la programmation de Drawing Now, l’exposition Nomen nescio réunit d’autres références au sabotage, une action fondatrice pour l'artiste. Une fois encore, le propos résonne avec l’Histoire (en écho à l’occupation du château pendant la seconde guerre mondiale). Enfin, aux Glacières, un espace d’exposition bordelais, il conçoit d’avril à juin 2020 le projet ORCA, une installation in situ qui répond à la spécificité architecturale du lieu et à la déambulation qu’il suscite.

 

Articulant une continuité dans l’écriture de ses précédentes expositions personnelles, Nicolas Daubanes choisit cette année de confirmer des axes de travail majeurs et un intérêt croissant pour les manifestations de la révolte et des contre-pouvoirs. Il puise dans un réservoir de références, de formes et de matières qui vont et viennent pour s’effriter parfois en une traînée de poudre.

 

Né en 1983, Nicolas Daubanes vit et travaille à Marseille.


Élise Girardot, janvier 2020

Photographies DR

© 2020 par Élise Girardot

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