Nervures / Alice Raymond

[ Se dit aussi des embranchements

de chaînes de montagnes ]

Alice Raymond, exposition monographique polyptyque

 

20 septembre - 3 novembre 2018

Éponyme Galerie, Bordeaux

21 février - 24 mars 2019
5UN7, Bordeaux

16 mars - 27 avril 2019

La Ligne Bleue, Carsac Aillac
 

L’essentiel des tissus conducteurs de sèves se situe au niveau des nervures d’une feuille. Les filets longilignes parcourent la surface de certaines plantes et de pétales de fleurs. On retrouve ces sillons sur les ailes des insectes ou en architecture, pour désigner les parties saillantes situées sur une moulure ou un angle de pierre.

 

L’énergie du travail d’Alice Raymond voyage d’une œuvre à l’autre, empruntant à la nature les forces vitales qui la caractérisent. Sa recherche nervurée propose un concentré immédiat de langage, un idiome codé qui nous livre des outils directionnels, des éléments cartographiques énigmatiques. Ici et là, on observe des contours irréguliers ou des îles qui flotteraient dans l’imaginaire ; des trouées aux limites floues dévoilant une réalité sinueuse, incertaine ou en devenir. 

Soudain, une île survivante émerge dans une ramification de lignes (Banquise, 2018), l’un des derniers blocs qui résiste à la fonte des glaces. Pour les auteurs de L’Évènement Anthropocène, paru en 2013, l’anthropocène signale le retour de la Terre dans un monde que la modernité occidentale s’était représenté comme flottant en apesanteur au dessus du socle terrestre… 

Alice Raymond opère des percées dans le paysage. Les surfaces se déclinent en dessin, peinture et sculpture. Les répertoires de formes naviguent et traversent des cadres, des structures, des espaces. Une matérialité se détache de ce lexique abstrait inspiré de termes agraires : au dessin, succède parfois une sculpture. 

L’exposition Nervures propose une itinérance à travers des formes exilées. Elles gravitent d’un contexte à l’autre et dessinent une constellation, un nuage d’images en apesanteur. Cet herbier composé d’abstractions serait-il un instrument de mesure du paysage ?

Élise Girardot, mai 2018 

Veining

[Also refers to junctions of mountains ranges] 

 

Most of the sap-conducting tissues of a leaf are found in its veining. Lacy nets travel the surface of some plants and flower petals. We also find this ribbing on the wings of insects or in architecture, to designate the projecting parts located on a molding or a corner of stone.

The energy of Alice Raymond's work travels from one work to another, borrowing from nature the vital forces that characterize it. Her multi-veined approach offers an immediate concentration of language, a coded idiom that gives us directional tools, enigmatic cartographic elements. Here and there, we observe irregular contours or islands that would float in the imagination; gaps with fuzzy boundaries revealing a sinuous reality, uncertain or in the making.

Suddenly, a surviving island emerges in a branching line (Banquise*), one of the last blocks that resists melting ice. For the authors of " The Anthropocene Event ", published in 2013, the Anthropocene signals the return of the Earth to a world that Western modernity had represented as floating in weightlessness above the earth's base ...

Alice Raymond makes breakthroughs in the landscape. The surfaces emerge in drawing, painting and sculpture. Shape directories navigate and traverse frames, structures, spaces. A materiality stands out from this abstract lexicon inspired by agrarian terms: to drawing, sometimes succeeds a sculpture.

The exhibition " Nervures " proposes a roaming through exiled forms. They gravitate from one context to another and draw a constellation, a cloud of images in weightlessness. Is this herbarium composed of abstractions an instrument for measuring the landscape?

 

*ice floe

Élise Girardot

© 2020 par Élise Girardot

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