MÉTÉOROÏDES

DU 2 JUILLET AU 12 SEPTEMBRE 2020
3 ARTISTES / 3 VITRINES


Avec les artistes Rebecca Bruder, Jeanne Suspuglas et Brigitte Zieger. Divers lieux à Bordeaux : XHC Minor Street, Vitrine des essais, Eponyme Galerie.

« Enfin, ils se demandèrent s’il y avait des hommes dans les étoiles. Pourquoi pas ? Et comme la création est harmonique, les habitants de Sirius devaient être démesurés, ceux de Mars d’une taille moyenne, ceux de Vénus très petits. À moins que ce ne soit partout la même chose. Il existe là-haut des commerçants, des gendarmes ; on y trafique, on s’y bat, on y détrône des rois. Quelques étoiles filantes glissèrent tout à coup, décrivant sur le ciel comme la parabole d’une monstrueuse fusée.‘‘ Tiens, dit Bouvard, voilà des mondes qui disparaissent. ’’ » — extrait de Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert, 1881.

 

MÉTÉOROÏDES * investit l’espace de la vitrine, à la frontière du public et du privé. Dans cette exposition à parcourir, les artistes nous plongent au cœur d’images et de récits pluriels. Entre fiction et réalité, les vitrines deviennent les miroirs de nos imaginaires. Ces rencontres fortuites sont ponctuées par des traversées, celles d’un fleuve, de routes et de quartiers. Les œuvres d’art répondent au contexte qui les accueille : près de la place Stalingrad sur la rive droite, l’installation "Briquomérats" de Rebecca Brueder résonne en vis-à-vis avec la Garonne (XHC Minor Street). Une fois les tourbillons du fleuve contemplés et le pont de pierre franchi, nous rejoignons la deuxième étape du parcours, rue Sainte-Catherine (Vitrine des essais), où neuf portraits énigmatiques nous interpellent. Qui sont ces femmes re-dessinées à l’ombre à paupières par Brigitte Zieger ? Enfin, notre marche à travers le centre-ville nous mène aux Chartrons où nous attend la "Disco Ball (Ether)" de Jeanne Susplugas (Eponyme Galerie). Dans le roman inachevé de Flaubert, Bouvard observant le ciel couvert d’étoiles s’exclame : « Quelle quantité ! » et Pécuchet rétorque : « Nous ne voyons pas tout ! ». Tour à tour, sous forme de pierres, de visages ou de boules à facettes, les œuvres déplient des multiplicités, des flottements en suspension. Le fil qui retient en tension les sacs remplis d’eau va t-il céder ? Les "Most Wanted Women" vont-elles s’échapper de leurs cadres immobiles ? La "Disco Ball" va t-elle tournoyer et laisser se propager des molécules inconnues ? Une ambivalence trouble se déploie en filigrane le long de nos pérégrinations, telle une inquiétude latente qui nous imprègne doucement.
Élise Girardot, mai 2020.

* En plus des astéroïdes, le système solaire est peuplé d’innombrables corps de dimension plus réduite appelés météoroïdes. Leur existence devient visible lorsque l’un d’eux pénètre dans l’atmosphère terrestre, s’échauffe du fait de la friction avec celle-ci et finit par se consumer. Ce phénomène donne lieu à une traînée lumineuse appelée météore ou étoile filante.
 


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En partenariat avec la Ville de Bordeaux et Bordeaux culture.


 

Images 2 : Jeanne Susplugas, Disco Ball (Ether), 2019 © Jeanne Susplugas
Images 3 : Rebecca Brueder, Briquomérats, 2019 © Yohann Gozard

Image 4 : Brigitte Zieger, The Eight Most Wanted Women, 2012 © Brigitte Zieger

© 2020 par Élise Girardot

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